NOEL l’interview !

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Aujourd’hui nous rencontrons Noël Fevre, actuel arrière central et latéral de la baroude
Rencontre avec un cadre-Gallo des baroudeurs : 149 matchs
10eme joueur le plus capé,
52eme meilleur buteur (et ouaih quand meme !) avec 3 buts
10eme saison en 2013-2014
A démarré en 2004-2005
Vainqueur de la Coupe en 2012

Noël, vous avez porté 149 fois le maillot des Baroudeurs. Qu’est ce que cela vous fait ?

Pfiouuu! C’est vertigineux! 149 dimanche à se lever pour tenter d’endiguer par tous les temps les vagues adverses.C’est un grand honneur pour moi d’entrer dans le Panthéon de la Baroude, précédé de grands anciens tels que Coyote, Marco, Denis ou Amine. Et c’est aussi un plaisir sans cesse renouvelé que d’enfiler la légendaire tunique azur (à manches longues pour moi please). Je pense que je vais avoir du mal à m’endormir la veille du match contre Vezin.

Quel joueur vous a intégré dans l’équipe ?

Excellente question car je pense être une exception en la matière en étant le seul joueur à s’être autocoopté pour intégrer les Baroudeurs. J’ai joué 3 saisons en foot loisirs à 7 dans l’Yonne, mon pays d’origine (Allez l’AJA! n’est-ce pas Tonio). Puis je suis arrivé en 2003 et j’ai fait une saison avec l’US Corps-Nuds B en 3ème division de district. La mentalité m’a vite saoûlé et je voulais à tout prix retrouver un championnat loisirs. De coup de fil en coup de fil à Rennes (service des sports de la ville de Rennes, Cercle Paul Bert…) j’apprends l’existence d’un mystérieux championnat parallèle fantôme dont personne ne sait grand chose. Je finis par obtenir le numéro du président du FAD de l’époque qui m’envoie par la poste la liste de toutes les équipes et les contacts. Et là, au milieu d’une liste d’acronymes mystérieux (QEC, CRAC, ESF, ASLC…qui sait d’ailleurs encore ce que ça peut bien vouloir dire) le coup de foudre : Les baroudeurs de l’Ouest! Comme une évidence, c’est l’équipe qu’il me faut. J’appelle un certain Stéphane Couet, lui explique mes motivations et il me donne rdv pour mon premier match à Gros Malhon où je fais connaissance avec les fameux Baroudeurs pour en devenir un moi-même. Début d’une longue histoire d’amour

Arrière plutot latéral, vous avez souvent évolué en charnière centrale et parfois au milieu de terrain et vous avez connu bon nombre de joueurs durant ces 10
saisons.Quels sont les joueurs avec lesquels vous avez préféré évoluer ? Quels joueurs vous auront marqué dans votre carrière ?

Difficile de citer des noms sans en oublier. Alors, n’en citons qu’un, mon ami et partenaire de défense idéal : « le menhir de Locmiquélic » Matthieu. C’est une tour de contrôle. J’aime son leadership, son sens du placement et sa science du hors-jeu, injustement peu appréciée par les attaquants adverses.

Comment définiriez vous votre style footballistique ? Avez-vous un idole ? Quel est votre point fort ? Quel était votre défaut majeur ?

 Je m’inscris dans la longue lignée des arrières latéraux généreux mais limités techniquement, dont sont issus Sergio, Biboune, Max, Freddy, JB…
Mon idole, c’est bien sûr Lilian Thuram qui excella sur les côtés et en défense centrale, intelligent et fairplay. J’attends toujours mon France-Croatie d’ailleurs. Sinon j’apprécie beaucoup Philippe Lahm également.
Mes points forts, ce sont le fighting spirit, l’engagement, la générosité et mon fairplay légendaire. C’est bien simple, je n’ai pas encore fait une faute depuis le début de la saison. Avec 11 comme moi sur le terrain, on remporterait le trophée du fair play chaque année (et sans doute aussi la cuillère de bois!).
Mon geste fétiche : reprendre un attaquant qui s’échappe au but d’un tacle glissé élégant
Mon défaut majeur : ma technique aléatoire. J’ai le bagage minimum pour me débrouiller derrière, mais dès qu’il s’agit de phases offensives, parfois ça coince…relances parfois hasardeuses, passes mal dosées, incapacité de dribbler, centres molasses, frappes foireuses.
Je ne me souviens pas d’avoir dribblé un joueur, si ce n’est un grand pont sur JB tandis que je dépannais ASLC en milieu droit. Quant aux frappes au but, j’en fais deux par an, et je les ai déjà tentées cette année, donc, ben à l’année prochaine!

Quel est votre secret pour jouer à ce niveau et être aussi performant sur la durée?

Beaucoup de séances vidéo débriefing, stages Jean-Michel Larqué l’été, régime végétalien strict

Pouvez-vous nous parler de vos preparations d’avant match ?

 Déjà la veille : orgie de féculents, pas de sortie, couché 22h30 après Patrick Sébastien, pas de sexe (éventuellement un ptit boulard sur le smartphone sous la couette). Au réveil : méditation transcendantale suivi d’un bon ptit déj gallo : galette-saucisse+lait ribot+cidre et enfin arriver dans les derniers afin de ne pas être titulaire et avoir tout le temps de s’échauffer gentiment. Blague à part, je ne comprends toujours pas, au bout de 10 saisons, comment la majorité des Baroudeurs peuvent se contenter de frappes au but à froid et d’une clope pour s’échauffer.

Que représente l’équipe des Baroudeurs pour vous ?

 Un univers parallèle qui me sert d’exutoire. Une chouette bande de copains tout simplement.

D’après vous, si l’alcool n’existait pas, combien de fois les Baroudeurs auraient-ils été champions ?

 Et si ma tante en avait, on l’appellerait « mon oncle » ? Ne nous voilons pas la face en nous retranchant derrière des excuses fallacieuses. Les autres équipes pourraient se poser la même question et conjuguer les saisons au conditionnel : « Ah, si Tartempion s’était pas blessé…Ah si Jean-Paul nous avait accordé tous les pénos…Ah si Jean-Paul avait pas réclamé autant de hors-jeu… »Toutes les équipes ayant été sacrées championnes l’ont été car elles étaient les meilleures. Tout simplement. Donc, même avec une alcoolémie inférieure, je ne pense pas que la Baroude l’aurait emporté. Sans parler de la fadeur d’une équipe « Canada Dry » ! Je pense que les Baroudeurs doivent au contraire beaucoup à l’alcool, inhérent à notre identité, un peu comme une équipe anglaise des 80’s.

Regardons dans le rétro maintenant.
Si vous ne deviez garder que quelques moments forts de toute votre carrière chez les Baroudeurs, ce seraient lesquels ?

Dans le désordre : une fessée 10-1 à Pacé pour le premier match de Matthieu où nous sommes associés en défense centrale. Le match le plus catastrophique de nos carrières respectives, un vrai catalogue des bourdes défensives : mauvais placements, passe en retrait foireuse au gardien, contrôle en bois, hors-jeu mal joué, contres défavorables, pénalty provoqué, csc…
Les matchs où on prend son pied : fighting spirit victorieux, duels remportés face à un attaquant expérimenté, beau jeu développé, complicité et convivialité…
Les terrains improbables: détrempé où on tacle dans des mares (Bellangerais), guerre de tranchée dans la boue (Mordelles), trapézoïdal et gigantesque où le ballon ne sort jamais et où l’on court un semi-marathon (Prévalaye)
Les conditons de jeu : tempête de blizzard à Pacé ; match couperet pour le titre avec les boums-boums du technival des Trans au loin (Pacé), on mène 3-1 et on se fait rejoindre 3-3 ;
Les ambiances tendues contre Pacé et Jean-Paul, Camby qui pète un cable, sort des buts et s’autoexclue en s’adressant au banc de touche du QEC « Restez plutôt baiser vos femmes à la maison plutôt que de venir nous faire chier le dimanche matin! » mais aussi les ambiances conviviales et bon enfant comme contre le Blosne à une époque, matchs intenses et fairplay, un régal ; ou bien les chambrages avec les Jeunes Anciens
Les blessures spectaculaires : fracture ouverte de Loïc à Vezin qui glace d’effroi les 21 autres acteurs ; Denis, fauché en pleine course comme un sanglier terrassé par une balle et qui s’écroule en hurlant : » Putain! Connard! Qui c’est qui m’a fait ça! Aaaaargh! »  » Euh…Denis, tu t’es fait ça tout seul… » Bilan : rupture du tendon d’Achille dont le claquement résonne encore dans la tête de certains
Toutes les anecdotes qui font le sel de notre championnat : la bouteille d’eau perso de Sergio qu’il cachait et qu’on a fini par griller ; Noll’s qui rate sa reprise et qui finit sa course empêtré dans les filets adverses ; recherche avec Matthieu de champignons sur la pelouse d’ESF  (devenue depuis un lotissement, snif) ; le 1000ème but des Baroudeurs que tout le monde voulait marquer : sur un corner, on est 9 dans la surface et sur un malentendu le ballon atterrit aux 6m dans les pieds de Matthieu qui ne se fait pas prier;
Un but ? Un match ? Une beuverie ?
Un but : mon premier bien sûr! Que j’ai attendu longtemps (70 matchs?) comme un premier enfant, un examen que l’on rate où…un dépucelage! Dans un match d’anthologie où à 8 contre 11 nous résistons vaillamment contre Melesse qui n’a pas voulu nous prêter de dépanneur. Menés 5-3 à quelques minutes de la fin, sur un corner, le ballon arrive dans mes pieds en haut de la surface, je frappe instantanément (du gauche!) entre les jambes d’un défenseur et but! Explosion de joie et toute l’équipe galvanisée pour égaliser en toute fin de match. Un match référence comme dirait l’autre.
Un match : outre celui-ci, la finale de coupe gagnée (pas celle perdue où je tacle l’attaquant du QEC partant seul au but à 5 minutes de la fin, péno, défaite 1-0…). Un groupe surmotivé de 20 joueurs, une équipe différente par mi-temps, le match interrompu par des trombes d’eau, le terrain détrempé, le ballon de plus en plus injouable donc propice à la bourde défensive, la tension qui monte de minutes en minutes et l’explosion de joie finale! On s’arrose de mousseux dans les douches comme si on avait gagné la Ligue des Champions!
Une beuverie : ben…aucune en fait. Je suis quelqu’un d’aussi raisonnable sur le terrain qu’en dehors, alors une fois mes deux unités d’alcool légales ingérées, je rentre sagement manger mon gigot-flageolet avec ma ptite famille. Mais il ne faut pas dire : « Fontaine, je ne boirai pas de ton eau ». Quant aux veilles de match, j’évite les excès. Je suis déjà venu jouer avec une légère gueule de bois mais sans plus.

Vous avez connus différentes équipes des Baroudeurs. Depuis quelques années, l’équipe s’est rajeunie et renforcée. Pensez-vous evoluer dans la plus forte
équipe des Baroudeurs de tous les temps ?

Sincèrement : oui. On a eu certes de belles équipes, comme lorsque le quatuor offensif Erwan-Tonio-Xav-Coy officiait au milieu, Guirec en pointe et avec Camby dans les buts derrière mais j’ai l’impression que depuis le niveau général du championnat s’est élevé et que nous nous sommes affinés dans tous les secteurs. Il y a des matchs où nous avons pratiqué un véritable football total comme contre le QEC par exemple. Sensations incroyables de faire partie d’un rouleau compresseur inarrêtable. Je me sentais invincible, tel Philippe Lahm évoluant avec le Bayern.

La concurrence est rude en charnière centrale avec l’éternel Marco,Mathieu et les arrivées récentes d’Antoine et Nico. Comment vivez-vous cela? Travaillez-
vous dur pour garder votre place de titulaire ?

Comme vous l’avez judicieusement évoqué plus haut, je suis plutôt un défenseur latéral, mais je suis avant tout un couteau-suisse défensif qui faire le pompier de service à tous les postes de la défense. Je joue donc là où la Baroude a besoin de moi. Après, c’est vrai que cette année, ce serait plutôt sur les côtés. Et d’ailleurs je préfère.

Vous venez de perdre un match capital contre les Jeunes Anciens dans la course au titre. Y croyez-vous encore ?

 Mais bien sûr! D’autant que Betton vient de les corriger! Maintenant, nous avons notre destin entre nos mains. Par la grâce d’un deuxième match retour gagné par forfait, il ne nous reste plus qu’à gagner nos deux dernières rencontres, dont la dernière que je redoute dans l’antre du QEC. On les a baladés à l’aller, mais je crains une réaction de grand fauve blessé. Par contre, je me disais, vu que le maire de St Jacques est un ancien Baroudeur (authentique!), peut-être qu’il pourrait leur faire comprendre gentiment que si ils tiennent à leur subvention et leur terrain, ils feraient mieux de lever le pied face à nous…

Couperez-vous votre barbe si les baroudeurs sont champions ?

 Sans doute. Ou pourquoi pas la même coupe que Loulou Nicollin après le titre de Montpellier. Sinon je compte sur Doc pour me souffler de brillantes idées. Par contre, je pourrais être tenté par la retraite sportive, car partir sur le sacre suprême, ce serait magnifique.

Où est passé votre collant orange-rouille ?

 Il est en bonne place dans la vitrine principale du New York Pop Art Museum qui l’a racheté aux enchères. Mais je vais essayer de remettre la main dessus pour un match de gala (150ème ou fête de la Baroude)

Plus globalement comment allez vous ? Avez-vous d’autres objectifs sportifs pour 2014 ?

 Ca va, ça vient, comme la queue du chien. Parfois je me sens vieillir, comme quand « Zlatan » d’ASLC me met 3 mètres sur un sprint de 20 mètres. D’autre fois je me sens encore vert comme notre Ryan Giggs : Coyote.
Côté vie privée, je vais être papa pour la troisième fois fin mai, alors je pense pas être régulier la saison prochaine. Sinon, d’autres objectifs sportifs: progresser au palet sur planche et au mölky, participer au trail naturiste de Corps-Nuds avec Matthieu.

Une citation ? Un coup de coeur, un coup de gueule, un coup de boule à donner ?

 « Ils ne savaient pas que c’était impossible d’être champions, alors ils l’ont fait. » et « L’essentiel, c’est de participer » comme disait l’autre aristo misogyne de Pierre de Coubertin.
Coup de coeur pour Coyote, l’âme de la Baroude, sans qui rien n’existerait. Plus qu’un grand-frère : Dieu

Pensez-vous amener l’apéro pour honorer votre 150eme cape ?

Difficile d’y couper, alors que j’ai déjà payé ma bolée avec la galette des rois. Tandis que d’autres…
D’ailleurs pour l’occasion je refloquerais bien mon maillot car la mention qu’il porte (Cabernet) date d’une autre époque. Et puis avec trois étoiles sur la poitrine, j’aurais l’impression d’être un haut-gradé.

Pensez-vous venir à la fête des 20 ans de la Baroude que nous ferons le samedi 14 juin ?

Evidemment. Par contre, je serai fraichement papa d’un ptit troisième, alors va falloir s’organiser…

4 pensées sur “NOEL l’interview !

  • 25 février 2014 à 14 h 08 min
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    Le trophée du fair play devrait être un buste à ton effigie mon ptit noël, et jsuis ben fier de cavaler à tes côtés sur le pré chaque dimanche..
    Et si on remporte le championnat, tu te verras décerner le collant d’or !

    un admirateur

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  • 25 février 2014 à 19 h 01 min
    Permalink

    Je suis heureux d avoir un gendre mondiallement connue sportivement , a +

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  • 26 février 2014 à 11 h 28 min
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    Bravo mon cher alliasse Franco Baresy ou Maldini. En tout ça Baroudeur une foi Baroudeur toujours!! Allez les barzos

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  • 28 février 2014 à 10 h 46 min
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    Ah dam là, ça c’est un bon gars!!!
    Je suis admirative de ton fair-play et de ton vocabulaire fourni sur le sujet!
    En espérant une belle victoire dans ta face pour ces deux derniers matchs.

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