DOCK l’interview !

DOCK 2

Aujourd’hui nous rencontrons Dock, actuel milieu défensif de la baroude
Rencontre avec un homme de valeur(s), le roi du fair-play des baroudeurs.
Dock : Ayatollah… je préfère. Ayatollah du fair-play, çà sonne mieux.Bon… Nous rencontrons donc Dock, ayatollah autoproclamé du fair-play.
64 matchs
29eme joueur le plus capé,
60eme meilleur buteur (et ouais quand même !) avec 2 buts
6eme saison en 2013-2014
A démarré en 2008-2009
Vainqueur de la Coupe en 2012Dock, vous avez porté 64 fois le maillot des Baroudeurs. Qu’est ce que cela vous fait ?

Je suis rentré dans le cercle très fermé des 30 joueurs les plus capés. Rappelez-vous. Souvent, la pré-liste des bleus compte 30 joueurs. C’est très symbolique, c’est un chiffre qui compte. Ne dit-on pas : c’était quand même mieux dans les années 30 ? N’y a-t-il pas 30 jours dans un mois en moyenne? Ali Baba n’avait il pas 30 voleurs à sa poursuite (la légende parle de 40 voleurs, mais le PV de la police ne mentionne que 30 arrestations… que nous cachetons?)  De toute de manière, c’est le ratio de titularisation qui est important à mes yeux.
Quel joueur vous a introduit dans l’équipe ?

Personne pour le moment, et je n’espère pas forcément qu’un joueur m’introduise… je ne suis pas gay, voilà tout… pourquoi qu’est ce qui vous fait penser çà?

Joueur essentiel sur le banc, plus ou moins endurant selon la saison, parfois maladroit dans la relance, vous avez souvent évolué en milieu défensif, parfois en charnière centrale et vous avez démontré vos talents même dans les buts. Quel est votre poste de prédilection ? 

Je pense que mon poste c’est le 6. Je vous arrête tout de suite, pas à cause de mon bagage technique et physique, non, c’est juste que c’est un poste où si tu veux toucher le ballon tu dois aller le chercher, enfin, essayer si t’es pas déjà mort physiquement… Mon seul objectif dans ce poste, c’est de ne pas perdre le ballon, et si possible de faire une bonne relance rapide et vers l’avant. Quand on a un bagage technique limité comme le mien, on donne le ballon rapidement à ceux qui savent mieux s’en servir. Makélélé ou Oscar Ewolo sont les joueurs qui incarnent le mieux ma vision de  ce poste.Durant ces 6 saisons vous avez côtoyé bon nombre de joueurs. Avec lesquels avez-vous préféré évoluer ou combiner?
A vrai dire j’ai une mémoire bien courte… alcool et cannabis… j’aime évoluer avec des milieux qui font confiance, qui sont disponibles, et qui jouent vite, en trois touches max. Si j’adhère à la philosophie « on s’entraine pendant les matchs », il faut admettre qu’elle a ses limites sportives :  elle ne favorise pas les automatismes, mais ce n’est que plus encourageant pour la fin du championnat.
Avec Yo, plus particulièrement, je sens qu’on doit vivre un truc ensemble. On a la même culture de jeu : Christian G. est notre gourou. Seul lui peu comprendre un « Gourcuff ! ton sac ! », ou un « Tommy, you’re the best »… Yo reste mon modèle de jeu, mon idole, et je ne me lasse pas d’évoluer et de prendre ma douche à ses côtés, même si je peux parfois me sentir mal à l’aise…
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 D’après vous, si l’alcool n’existait pas, combien de fois les Baroudeurs auraient-ils été champions ?
Oh! moult fois! Il ne faut pas se voiler la face. Une bonne partie de l’effectif a un problème avec la bouteille… Et çà ne favorise pas les performances sur le terrain. Donc je dirais 3  à 4 étoiles sur le maillot… des titres se sont perdus sur des crackages où l’alcool et la fumette ne sont pas innocents. Il faudrait être aveugle pour ne pas l’admettre. Ou de mauvais foie. Et on pourrait reformuler la question à l’infini : d’après vous, si le tabac / le cannabis / le peyotl / l’ornithorynque / les Transmusicales / etc…n’existait pas, combien de fois les Baroudeurs auraient-ils été champions ?
Après, avec des « si » on pourrait mettre les paris dans la bouteille. D’ailleurs à propos de paris, il y a une coupe du monde qui arrive… coy, peut-on parier sur son annulation?
… bref, on a la même passion, mais on n’a pas la même drogue de prédilection.Regardons dans le rétro maintenant. Si vous ne deviez garder que quelques moments forts de toute votre carrière chez les Baroudeurs, ce seraient lesquels ?
Un but? çà va aller vite, vu que j’en ai marqué deux. Çà ne me mobilise que quelques neurones. Un but contre Goven, où le gardien m’offre le ballon en se trouant méchamment alors qu’on mène un truc comme 8-0, et un autre de la tête face à Vezin, une égalisation je crois, sur une passe décisive (volontaire?) de Matthieu… et la dessus, il n’y avait pas l’ombre d’un hors-jeu !
Un match ?  il y a quand même le 6-5 cette saison avec le quadruplé de Benj (NDLR : Dock a effectivement  quelques soucis de neurones car c’était la saison passée !).  De manière générale, un match serré, avec du suspense, et une remontée au score…
Une beuverie ? celle d’après match avec Yo et Guirec… et il y a cette victoire en finale de la coupe l’année dernière je crois… ah non, l’année d’avant. Un match mythique, avec une première mi-temps insipide, cet orage assez violent à la mi-temps , et une deuxième mi-temps d’anthologie, que Raf et qq jeunes anciens auraient appréciée, où nous avons réconcilié deux disciplines sportives majeures et essentielles à l’humanité : le football et le hockey subaquatique.
La troisième mi-temps restant très vague… la vie enchantiée, la coupe, l’évacuation de la surcharge de stress inhérente à toute préparation d’une finale, et tout le reste qui va avec…
Vous avez connus différentes équipes de Baroudeurs. Depuis quelques années, l’équipe s’est rajeunie et renforcée. Pensez-vous évoluer dans la plus forte équipe des Baroudeurs de tous les temps ?
Techniquement, c’est sûr. Tactiquement, je ne sais pas… il y a des rumeurs qui circulent comme quoi, un jour, il y a eu un entrainement de la baroude… mais bon vous savez, les légendes urbaines… En tout cas, c’est une équipe qui peut viser le titre suprême, le saint Graal du FAD, ce qui de mémoire de baroudeur, n’est pas arrivé depuis longtemps…
La concurrence est rude au milieu avec les vieux briscards Marco et Coyote, le retour de Grand Yo, et les talentueux Gwendal, Benjamin Naim, Tibo. Comment vivez-vous cela? 
Quand je suis arrivé au FAD, le 6 était un poste délaissé. Alors je me suis jeté dessus. Mais maintenant, c’est sûr que techniquement, physiquement, mentalement… Entre les vieux briscards et leurs combines, le retour de Viera, et les talentueux Gattuso, Zizou, Rivaldo et Cristophe Cocard, je suis un peu dans le flou. Alors je me bats avec mes armes…
Je crois honnêtement que çà ne tient qu’à moi d’être dans l’équipe de départ. Je ne veux pas être insultant auprès de mes coéquipiers, mais personne ne m’enlèvera mon ratio de titularisation. C’est le travail qui paie. Une hygiène de vie stricte : on ne me surprend plus beaucoup en chouille, à 3 heures du mat’ devant le Tiffany’s, à demander où est-ce qu’on peut trouver un débit de boisson… « A healthy soul in a healthy body » comme disent les anglais.
Je sais que certains trichent dans l’équipe pour obtenir cette place de numéro 6 à la baroude. On ne joue pas à armes égales, ils utilisent des réveils. Nolls, pour ne pas le citer, a même été jusqu’à prendre un appart avec vue sur le stade Ferdinand Lesseps… Il n’a jamais réussi à me déloger.  Alors certes, ne me faîtes pas dire ce que je n’ai pas dit. Il m’arrive parfois de préparer mon sac la veille. Et de dormir dans ma caisse avec le sac en bandoulière. Mais quand j’entends que certains vont jusqu’à camper sur le terrain. Là çà me dépasse. A vrai dire, je dirai même que j’ai une certain dégoût pour ceux qui font çà… Ils poussent trop loin les limites su FAD. L’étape d’après c’est quoi? Je fais construire sur le terrain? et comment on joue après?A propos de vos armes, quelles sont elles? Travaillez-vous dur pour garder votre place de titulaire ?
Comme je le disais tout à l’heure, un esprit sain dans un corps sain. Il n’y a pas de secret la dessus. Çà implique une bouffe équilibrée, un entraînement physique et technique régulier. Tout ce que je ne fais pas en ce moment. Donc mon ratio de titularisation est anormalement bas en ce moment. Il faut rester confiant et ne pas se laisser déstabiliser par tout çà. Ce sont des choses qui arrivent et çà servirait à quoi de se plaindre. Pour reprendre l’expression d’un philosophe de renom (Pierre Ménès) : « beaucoup de gens vendraient leur mère pour goûter à la douce euphorie d’une sélection à la baroude ». Et puis la concurrence, c’est ce qui nous fait repousser nos propres limites.Vous ne marquez pas souvent.. Est-ce un choix ?

J’aimerais vous dire oui, mais c’est juste que… euh… enfin, je ne préfère pas m’épandre sur le sujet…
(… long silence…)
Betton a battu les Jeunes anciens dans l’un des sommet de la journée et, dans le même temps votre équipe a remporté son match contre Marguerite. Cela relance vos espoirs d’un premier sacre pour les baroudeurs en 20 ans d’existence à 2 journées de la fin du championnat, avec le destin entre vos mains il me semble?
Vous savez, l’enjeu ne doit pas primer sur le jeu. Dire que je m’en bats la race serait aussi totalement faux. Il y a un jeu, qui s’appelle le football, et qui induit des règles. Une des bases du judo, c’est le respect de l’adversaire. Et çà commence par respecter le contrat de jeu établi entre les deux partis, à savoir respecter les règles. Si tu viens au FAD pour entuber ton adversaire, c’est que tu lui manques de respect. C’est donc que tu n’as rien à faire sur un terrain du FAD. De la même manière, j’ai du mal à comprendre qu’on siffle un hors jeu pour  50 cm, çà me dépasse… et même avec le révélateur de canal plus, ils arrivent à raconter des conneries…
Je vomis celui qui demande une touche alors qu’il sait très bien qu’il est le dernier à avoir touché le ballon. Je dévisse la tête et chie dans le cou de celui qui vient pour se bastonner. Je ne réponds jamais à l’insulte. Je vomis l’anti-jeu. Oui je crois bien que je mérite bien mon autoproclamation d’ayatollah du fair-play. Et apparemment je vomis de moins en moins…
Plus globalement comment allez vous ? Avez-vous d’autres objectifs sportifs pour 2014 ?
Je suis gêné par une tendinite qui me traîne au talon d’achille depuis 4 mois maintenant. La faute à un entraînement trop poussé pour préparer un marathon. Quelle connerie. Une erreur de débutant. 3 mois pour préparer un marathon. J’aurais dû y aller sans entraînement. Au mental. J’espère que la trêve me permettra de me reposer et de récupérer et débuter le prochain match à Vezin.
Une citation ? 
Une citation, Gilles Kerhuiel (FCL puis SCO d’Angers) :  » Manger, c’est tricher »Un coup de cœur, un coup de gueule, un coup de boule à donner ?
Un rêve plutôt. Celui de voir débarquer Thierry Henry à Saint-Jacques pour la dernière journée du championnat… et qu’il nous donne le titre avec petite touche technique de la main gauche à la dernière minute du match contre le QEC, à supposer qu’on batte vezin. Ce serait une petite quenelle pour nous, mais une grosse quenelle pour le fair-play. Ce serait un peu fade, mais tellement FAD… Un autre truc un peu plus FAD, ce serait de remporter le titre devant le QEC devant un public nombreux… du genre tout le monde qui motive ses potes… 300 personnes.. dans le stade de st-jacques… une autorisation de vente de bière… tu vois le genre…?
Pensez-vous venir à la fête des 20 ans de la Baroude que nous ferons le samedi 14 juin ?
Pour sûr ! Comme pour tout le monde, je pense que c’est devenu désormais le seul réel objectif de cette saison.
Un dernier mot?
Zythum: c’est le dernier mot du dico. C’est de la bière des égyptiens de l’époque…
Bonne fin de saison !
merci ! à vous aussi ! a putsch !

 

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